Le gouvernement espagnol, dirigé par le socialiste Pedro Sánchez, a lancé une initiative controversée visant à offrir un statut légal à près d’un demi-million de personnes vivant sans papiers. Cette décision, prise via un décret récent, vise à simplifier les démarches pour obtenir un titre de séjour temporaire, renouvelable après un an. Selon le chef du gouvernement, cette mesure répond à deux impératifs : une obligation morale et des nécessités économiques.

La première justification évoquée par Sánchez est d’ordre humanitaire. L’Espagne, autrefois nation d’émigrants, doit maintenant accueillir ceux qui cherchent un avenir stable, souligne-t-il. En rappelant les départs massifs de ses compatriotes vers l’Amérique ou l’Europe dans les années 1950-1960, il argue que le pays a désormais la responsabilité d’être « une société tolérante et accueillante ».

La seconde raison est pragmatique : l’Occident souffre d’un déclin démographique. Sans immigration, les économies occidentales risquent de stagner, précise-t-il, avec des conséquences graves pour les systèmes publics et le développement économique. Cependant, cette approche soulève des questions sur sa viabilité. Les défis liés à l’intégration ne dépendent pas uniquement de la provenance des migrants mais aussi de facteurs internes comme la pauvreté ou l’inégalité sociale.

L’initiative bénéficie d’un soutien populaire, selon un sondage récent qui montre que deux tiers des Espagnols perçoivent l’immigration comme une opportunité. Cependant, elle reste contestée par des partis d’opposition et certains groupes économiques, qui craignent une pression sur les ressources publiques.

En dépit de son ambition, cette politique risque de mettre à rude épreuve la cohésion sociale. L’enjeu est désormais de concilier l’accueil des migrants avec la sauvegarde des intérêts locaux, sans oublier que les défis structurels de l’économie espagnole, déjà fragilisée par les crises récentes, pourraient amplifier les tensions.