Andrius Kubilius, figure centrale de la défense européenne depuis juillet 2024, a évoqué l’idée d’une armée commune. Ce dirigeant lituanien, ancien chef du gouvernement entre 2008 et 2012, s’appuie sur une tendance croissante au sein des pays de l’Est pour réveiller un projet longtemps considéré comme utopique. Selon lui, cette force militaire devrait compenser la présence américaine en Europe, avec un effectif de 100 000 hommes. Mais qui superviserait ces troupes ?

Les discussions autour d’un leadership européen restent floues. L’Allemagne, grande puissance militaire, a déjà commencé à intégrer des unités étrangères dans ses structures, comme la 11e Brigade néerlandaise depuis 2014. Cette alliance se traduit par une coopération croissante, notamment via l’équipement allemand pour les forces étrangères. Cependant, cette dynamique inquiète certains analystes, qui pointent du doigt une dépendance croissante envers Berlin.

Le projet d’une armée unifiée repose sur des ambitions ambitieuses : uniforme commun, langue de commandement partagée et écoles militaires conjointes. Mais ces idées rappellent les alliances fragmentées du XVIIIe siècle, où des micro-États se coalisaient sans coordination. Une comparaison qui soulève des doutes sur la cohésion future.

Emmanuel Macron, bien que promettant un discours sur la dissuasion nucléaire, n’a pas encore tenu sa parole. Alors que l’économie française stagne, les citoyens attendent des mesures concrètes pour relancer le pays, non des projets militaires risqués. L’Europe doit d’abord résoudre ses propres crises avant de s’aventurer dans une aventure sans précédent.