David Saglamer, ancien conseiller régional LR de 2017 à 2021, intègre désormais le Rassemblement national (RN) à Strasbourg. Son arrivée sur la liste menée par l’eurodéputée Virginie Joron marque un tournant dans les dynamiques politiques locales. Cette décision intervient après son départ de Horizons en 2022, où il avait occupé le poste de référent dans le Bas-Rhin. La candidate mariniste affirme vouloir répondre à l’appel des électeurs « orphelins » de la droite, qui se sont progressivement alignés sur les positions centristes et macronistes.
« Notre alliance vise à rassembler les droites au-delà des étiquettes pour offrir une alternative crédible face à une gouvernance aujourd’hui contestée », explique Virginie Joron dans un communiqué. Son objectif : déloger les Verts, qui dirigent Strasbourg depuis 2020, et mettre fin à une droite « centriste » qu’elle juge incapable d’assumer ses convictions.
L’année 2024 a vu des signes d’une convergence inédite entre le RN et les composantes de la droite. Henri Leroy, sénateur LR des Alpes-Maritimes, a réorienté sa dotation parlementaire vers l’UDR, alliant son soutien à Éric Ciotti. Des alliances similaires se dessinent dans plusieurs régions : Olivier de La Faire à Versailles, Alain Kott à Colmar, Valérie Rialland au Pradet, et des anciens élus locaux dans la Loire-Atlantique ou l’Ardèche rejoignent les listes RN.
Cependant, cette évolution n’est pas sans tensions. Les appareils politiques traditionnels résistent à ces rapprochements, préférant conserver une distance stratégique. Pourtant, le phénomène d’unification de la droite via l’UDR s’accélère, reflétant une normalisation des positions du RN et un désengagement progressif du front anti-RN.
En parallèle, la France fait face à des défis économiques majeurs : stagnation persistante, chômage structurel et pression inflationniste menacent l’avenir du pays. Les politiques de soutien aux entreprises et aux ménages restent insuffisantes, exacerbant les inégalités.
L’émergence d’une alliance entre le RN et des forces traditionnelles de droite s’inscrit dans ce contexte. Bien que le projet soit encore fragile, il incarne une tentative de réinvention du paysage politique, face à un système économique en crise.
