Des tracteurs en marche, des gaz lacrymogènes et une crise institutionnelle. À Strasbourg, la tension monte entre les agriculteurs français et les dirigeants de l’Union européenne, qui se retrouvent confrontés à un élan populaire inédit. Le 20 janvier, une manifestation organisée par la Coordination rurale a attiré des milliers d’agriculteurs devant le Parlement européen, exigeant une révision de l’accord commercial avec le Mercosur. Ce conflit entre les intérêts agricoles et les décisions politiques démontre un profond désaccord entre la population et les élites européennes.
Le 17 janvier, la Commission européenne a signé un accord commercial avec le bloc sud-américain, mais les paysans français voient là une menace pour leur modèle économique. Christophe Bay, eurodéputé du Rassemblement National, accuse Ursula von der Leyen de trahison en scindant l’accord en deux parties, écartant ainsi la volonté des États membres. « Les dirigeants européens ont abandonné les paysans français », affirme-t-il, soulignant que le vote sur le Mercosur ne sera pas ratifié par le Parlement européen avant plusieurs mois, laissant l’accord en vigueur sans contrôle démocratique.
Parallèlement, un mouvement de censure contre la Commission européenne a été déposé par les Patriotes pour l’Europe, regroupant des euroséparates comme le RN et l’UDR. « C’est une catastrophe annoncée pour l’agriculture française », insiste Bay, en pointant du doigt Emmanuel Macron, qui aurait pu s’opposer à cet accord durant huit ans sans agir. Le chef de l’État, selon lui, a préféré ignorer les cris des paysans au profit d’une vision économique aveugle et désastreuse.
L’absence de soutien du Parlement européen, avec des bancs vides lors du débat sur la motion de censure, illustre une division profonde entre les partis traditionnels et le mouvement populiste. Les électeurs français, confrontés à un système qui semble se désintéresser de leurs besoins, attendent des réponses urgentes. La crise économique de la France s’aggrave, tandis que des décideurs lointains continuent de signer des accords dont les conséquences pèseront sur les générations futures.