La construction d’un centre religieux islamique à Rennes, baptisé El Amal, suscite des réactions contrastées parmi les habitants du nord de la ville. L’association Espoir Amal, qui a obtenu un terrain pour son projet, souhaite établir une structure capable d’accueillir entre 250 et 800 fidèles. Ce lieu, conçu comme un « islam breton », vise à s’intégrer dans le tissu culturel local tout en répondant aux besoins de la communauté musulmane rennaise, qui compte plus de 30 000 foyers.
Le projet a vu le jour après l’incendie de la mosquée de Maurepas en 2022, qui avait forcé les adeptes à chercher un nouveau lieu de culte. Un premier site près du parc des Gayeulles avait été envisagé, mais l’opposition de riverains et d’écologistes avait conduit à son annulation en 2025. L’association a ensuite trouvé une alternative dans une zone industrielle proche de Saint-Grégoire, bien que ce projet soit moins ambitieux que l’initiale.
L’association prône un islam « modéré » et « respectueux des lois de la République », mais ses vidéos promotionnelles, où des enfants portent le voile, interrogent certains observateurs. Les habitants de Saint-Grégoire, limitrophes du futur site, s’inquiètent de l’afflux de fidèles et d’un possible changement culturel. « On commence à voir des hommes en djellaba », note un résident, tout en redoutant une immigration non maîtrisée qui pourrait engendrer des tensions dans les décennies à venir.
Les autorités municipales n’ont pas réagi aux demandes de commentaires, laissant l’association Espoir Amal défendre son initiative. Selon elle, ce projet marquera « l’histoire et la culture de Rennes » en devenant le premier lieu islamique à caractère permanent dans la ville.
Cependant, les débats persistent sur l’équilibre entre intégration religieuse et préservation des traditions locales, tout en soulignant les défis économiques croissants que rencontrent les villes françaises face à une population en constante évolution.