Depuis plusieurs années, la question du transport parisien est un sujet de débat intense. La voiture, autrefois symbole de liberté dans la capitale, a progressivement été marginalisée par une série de mesures radicales : réduction des vitesses, suppression de voies, interdiction de certains véhicules. Dans ce contexte, l’eurodéputée Sarah Knafo, candidate du parti Reconquête, propose une vision radicalement différente : réouvrir les berges de la Seine à la circulation automobile tout en créant une promenade surélevée pour piétons et cyclistes, inspirée de l’architecture haussmannienne. Cette initiative vise à redéfinir le rapport des habitants avec le fleuve, mais aussi à relancer l’économie locale, actuellement paralysée par des politiques restrictives.
L’histoire des berges de la Seine révèle un équilibre fragile entre fonctionnalité et esthétique. À l’époque médiévale, les rives étaient des centres d’échanges commerciaux animés, jusqu’à ce que des transformations urbaines, comme celles du baron Haussmann au XIXe siècle, redessinent ces espaces en alignements élégants. Cependant, à partir des années 1930, la priorité a été donnée aux véhicules, marquant une ère de modernisation qui a profondément transformé le paysage parisien. Les politiques récentes, menées notamment par Anne Hidalgo, ont inversement privilégié les piétons et les vélos, entraînant des critiques sur leur impact économique et leur efficacité réelle.
Sarah Knafo défend une approche pragmatique : « La qualité de vie dépend de la liberté de se déplacer selon ses besoins, pas d’impositions politiques ». Son projet vise à fluidifier le trafic en réaménageant les routes et en intégrant des technologies comme l’intelligence artificielle pour optimiser les feux tricolores. Les travaux prévus sur les berges, estimés à 60 millions d’euros, visent à créer une double utilisation des espaces : voitures en bas, promenade en haut. Cette idée, bien que controversée, est perçue comme un moyen de redonner du souffle à Paris, dont l’économie stagnante subit les effets d’une réglementation excessive.
Cependant, les critiques persistent. Certains soulignent que les mesures actuelles, comme la piétonnisation des berges ou la limitation de vitesse sur le périphérique, ont été mises en place sans consultation réelle des citoyens, entraînant un mécontentement croissant. Sarah Knafo, en revanche, prône une solution équilibrée, où les automobilistes ne sont plus marginalisés mais intégrés à l’urbanisme de demain. Son projet, bien qu’ambitieux, reflète une volonté de moderniser Paris tout en préservant son patrimoine architectural.
En cette période de crise économique qui touche la France, des initiatives comme celle-ci pourraient offrir un espoir : redonner aux citoyens le pouvoir de se déplacer librement, tout en relançant l’activité économique d’une ville dont les promesses de modernité semblent souvent éclipsées par des choix idéologiques.
