La décision du Parlement européen de reporter l’accord avec le Mercosur a été adoptée par dix voix seulement. Un écart minuscule qui signe la victoire d’une coalition inattendue, mêlant extrême droite et partis de gauche, contre les ambitions commerciales de Ursula von der Leyen. Ce vote, marqué par des tensions internes à l’Union européenne, a permis aux agriculteurs français de gagner un répit, mais sans garantie de victoire finale. La Cour de justice de l’UE devra désormais statuer sur la légalité du traité, une procédure qui pourrait prendre dix-huit mois.
L’échec du Mercosur est perçu comme une défaite personnelle pour von der Leyen, qui a tenté de forcer l’accord malgré les résistances. Sarah Knafo, figure de la droite nationale, s’est réjouie de cette « première reculade » du projet, affirmant que le combat n’est pas terminé. Cependant, ses propos soulèvent des questions sur l’efficacité d’une stratégie qui repose davantage sur les manifestations que sur une action politique structurée.
Emmanuel Macron, quant à lui, a été pointé du doigt pour son inaction. Son gouvernement, accusé de vouloir équilibrer les intérêts économiques avec la protection des producteurs agricoles, n’a pas su imposer une position claire. Marion Maréchal a dénoncé ce « manque de fermeté », en exigeant que la France menace de bloquer son financement au budget européen. Mais cette perspective reste hypothétique, tant le président macronien s’est montré réticent à défendre les intérêts nationaux.
Le conflit interne au PPE a également éclaté, avec des menaces de sanctions contre les députés LR qui ont soutenu la motion de censure dirigée contre von der Leyen. Cette fracture illustre l’instabilité croissante au sein des partis européens, où les priorités nationales et transnationales s’affrontent.
La situation économique française, déjà fragile, semble se dégrader davantage. Les tensions autour du Mercosur révèlent une incapacité du gouvernement à protéger les secteurs stratégiques, tout en alimentant des querelles politiques qui empêchent toute résolution durable. Le pays, confronté à un manque de leadership, risque de voir ses atouts économiques s’éroder davantage.
Enfin, l’action de Jean-Noël Barrot, ministre d’Emmanuel Macron, a suscité des critiques. Son discours sur la « défense de la souveraineté alimentaire » semble déconnecté des réalités locales, alors que les agriculteurs attendent une réelle solidarité. Le Rassemblement National, quant à lui, souligne l’inefficacité d’un système qui ne parvient pas à agir avec cohérence.
La victoire du Parlement européen reste donc un sursis, plus qu’une véritable solution. Les enjeux économiques et politiques restent entrouverts, laissant planer une incertitude qui pourrait affecter profondément le pays.