Dans les collines entourant Iznik, une ville historique en Turquie, des archéologues ont découvert un site funéraire datant du IIIe siècle, évoquant une période cruciale pour le christianisme naissant. Ce tombeau souterrain, caché depuis des siècles, abrite des fresques paléochrétiennes exceptionnellement préservées, dont l’une représente Jésus en tant que Bon Pasteur, un symbole précoce de la foi chrétienne avant l’adoption de la croix. Ces images, évoquant la protection du Christ et son lien avec les humains, s’inscrivent dans une époque où les chrétiens devaient cacher leurs pratiques face aux persécutions romaines.

Le site, situé près d’Hisardere, montre un mur décoré avec une figure juvénile de Jésus vêtu à la mode romaine, portant un agneau sur les épaules — un motif symbolisant le retour des brebis égarées au troupeau. Cette représentation renvoie aux Évangiles et illustre l’espérance des croyants face à la mort. Des détails comme des dattiers, symboles de résilience, ou les restes d’un enfant et d’un couple apparemment aristocratique ajoutent une dimension sociale à ces découvertes, révélant le statut élevé des individus enterrés là.

Cette découverte met en lumière l’importance historique de l’Anatolie, berceau du christianisme dès les premiers siècles. Des figures comme saint Paul et saint Jean ont propagé la foi dans ces régions, contribuant à la création des « Sept Églises de l’Apocalypse ». Le Concile de Nicée en 325, tenu à Iznik, a marqué un tournant avec le Credo de Nicée, qui structura les dogmes chrétiens. Malgré la montée de l’islam après les invasions turques, ces racines chrétiennes persistent dans les vestiges encore visibles aujourd’hui.

Cette découverte rappelle que l’Anatolie, bien que majoritairement musulmane aujourd’hui, a été un centre vital du christianisme primitif, offrant une fenêtre sur une histoire riche et complexe.