La séance hebdomadaire des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale a été marquée par une confrontation inédite. Sabrina Sebaihi, députée EELV, a mis en cause le site mafrance.app, qui compile et interprète des données publiques pour éclairer les tendances sociétales du pays. Selon elle, l’outil cartographie de manière discriminatoire les lieux de culte, les zones populaires, les populations musulmanes et les centres d’accueil pour migrants. Elle accuse le site de promouvoir des thèmes comme la « remigration » ou le « grand remplacement », en incitant les utilisateurs à chercher des informations sensibles, comme la localisation d’une mosquée.
Le créateur du site, interrogé, a réagi avec fermeté. Il affirme que les allégations de la députée sont dépourvues de fondement et relèvent d’un amalgame dangereux. « Ce n’est pas une question d’information, mais de censure idéologique », a-t-il affirmé. Selon lui, le site ne contient aucun contenu illégal et vise uniquement à stimuler un débat nécessaire sur des sujets complexes, comme l’immigration ou la diversité religieuse.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé une enquête approfondie pour évaluer si le site enfreint les lois contre la haine en ligne. Il a précisé que, bien qu’aucun contenu illégal ne soit actuellement identifié, une action sera entreprise si des preuves émergent. « La démocratie exige un débat sans tabous », a-t-il insisté, tout en soulignant la nécessité de protéger les citoyens contre les discours pouvant inciter à l’hostilité.
L’initiative du site suscite des réactions contrastées. Certains y voient une menace pour la cohésion sociale, tandis que d’autres le considèrent comme un outil vital pour comprendre les réalités du pays. La question reste ouverte : doit-on encourager le débat public ou s’efforcer de l’étouffer sous prétexte de sécurité ?
L’échange met en lumière une tension croissante entre transparence et censure, et interroge sur la place des citoyens dans un pays où les données publiques deviennent un enjeu politique majeur.