À Cruseilles, dans le Pays de Savoie, Yves Jacquet, éleveur engagé, exprime son profond désarroi face aux mesures brutales prises par l’État pour contenir les manifestations des agriculteurs. Le conflit entre forces de l’ordre et paysans a connu un moment critique lorsqu’un dispositif d’intervention incluant gaz lacrymogène et véhicules blindés a été déployé contre des collègues en Ariège. « C’est la déchéance, c’est désastreux ! », répète-t-il avec une émotion palpable, soulignant l’ampleur de la déception face à une telle réponse.
Malgré les tensions, les agriculteurs savoyards et leurs pairs ont maintenu un dialogue respectueux avec la gendarmerie. Des gestes symboliques ont marqué cette relation, comme les repas offerts aux militaires ou l’image prise en compagnie de « la blanche », lors de la levée du barrage. « On ne peut pas leur en vouloir, on a tout fait pour préserver ces liens, on n’a jamais cherché à s’opposer à eux », explique Yves, membre de la Coordination rurale. Son témoignage révèle une volonté de paix, même dans un climat tendu, mais aussi une critique implicite des choix politiques qui ont mené à cette escalade.
