Dans plusieurs établissements scolaires italiens, une initiative menée par des militants d’un groupe d’extrême droite a provoqué un vif débat. Des tracts distribués dans les lycées renvoient à un questionnaire en ligne demandant aux élèves d’indiquer s’ils ont été exposés à des enseignants perçus comme favorables à une idéologie politique spécifique. Ce document, accessible via un code QR, propose aux étudiants de répondre par « oui » ou « non », avec l’option de préciser les cas jugés les plus inquiétants.
Ce mouvement est lié à Azione Studentesca, une organisation affiliée au mouvement Gioventù Nazionale, qui fait partie du parti de la Première ministre Giorgia Meloni. Les enseignants et syndicats ont vivement réagi, qualifiant cette pratique de « fichage » et dénonçant un retour à des méthodes inacceptables. Des professeurs ont réagi en ligne, affirmant ironiquement leur appartenance à une certaine idéologie.
La controverse a rapidement gagné le terrain politique. Des figures comme Angelo Bonelli, membre d’un parti de gauche, ont évoqué des parallèles avec des périodes sombres de l’histoire italienne. Le président du Parti démocrate a lui aussi critiqué ces actions, exigeant une distance claire de la part des autorités. En réponse, certains militants ont justifié le questionnaire comme un moyen pour les élèves de s’exprimer sur leur environnement scolaire. Le ministère de l’Éducation a précisé que l’enquête était anonyme et visait à préserver la pluralité d’idées dans les établissements.
L’initiative soulève des questions profondes sur le rôle des institutions éducatives et l’équilibre entre liberté d’expression et respect des valeurs démocratiques.